Les repas de fêtes et de Boudha

Influencés par le bouddhisme, à travers la pratique d'un végétarisme quelque peu timide, les Thaïlandais déposent aussi en toutes occasions fruits et légumes devant la statue de Bouddha.

Les repas de Bouddha

Il est de coutume pour chaque Thaïlandais de revêtir l’habit de moine au moins une fois dans sa vie, de préférence au début de la saison des pluies. La veille de l'entrée au monastère, on célèbre l’événement en famille, et le jour dit, le jeune moine est conduit au temple. On se doit alors d’offrir fruits et plats sucrés aux

Bonzes des lieux. Dans les villages, les femmes se seront mises aux fourneaux, et chacun offrira ce qu’il a de meilleur. Richement habillé, le nouveau bonze sera fêté à travers chants, danses et procession à dos d'éléphant, qui le mèneront jusqu’à son nouveau lieu de vie... Dorénavant, il devra vivre de mendicité, errant de maison en maison pour quémander sa ration quotidienne de riz. Pour se désaltérer, il boira à la louche de coco dans la grande jarre (toum) d'eau de pluie placée devant chaque maison, à l'intention des gens de passage.

Prière gourmande

Scène classique des jours de fête : on se lève à l’aube pour préparer le repas que l’on emportera au temple du quartier, pour l'offrir aux moines bouddhistes. Petites gens et notables s'y donnent rendez-vous, le panier rempli de viande et de poissons de rivière... Riz, currys de viande, sautés de légumes au porc, fruits frais et desserts : riz gluant fourré à la pâte de banane, etc. seront offerts en fin de matinée pour unique déjeuner aux bonzes. Des fruits frais avoisineront  aussi avec les bâtons d'encens près de la statue de Bouddha, comme à l'ordinaire.

Fêtes sucrées

Pour les repas des grandes occasions, les sauces et les pâtes sont servies à chaque convive dans des coupelles individuelles, et non collectives, comme cela se fait habituellement. Absents du menu quotidien, les mets sucrés tiennent ici une place importante. Banane, gelée d’agar-agar, riz, farine de riz, taro, haricots de soja, eau de jasmin, fruits frais et graines de lotus... composent des desserts qui tous, ou presque, vont faire trempette dans le lait de coco ! Le lait végétal mouille pour la circonstance des billes de tapioca, ou des dés de châtaignes d'eau colorés en rouge puis enrobés de tapioca, pour les célèbres “graines de grenade". Le riz gluant s’acoquine aussi avec la mangue fraîche.

Les mariages

Sur la table des repas de fiançailles, se dresse le ka nom nom sao, littéralement « poitrine de jeune fille », une pâtisserie en forme de pyramide enveloppée dans une feuille de bananier. Quant aux services des mariages, on y mange et boit un jour et une nuit durant. Après la remise des cadeaux par le fiancé et sa famille à sa belle, une délégation de moines vient bénir le couple, et reçoit en échange de la nourriture ! Les plus aisés mettront sur la table une pâtisserie servie jadis aux rois du Siam, pâte sucrée de haricots de soja modelée en forme de fruits et de légumes. Colorés puis recouverts de gelée, ces délices font parfaitement illusion ! 

Fêtes du Nord 

Dans le nord et le nord-est de la Thaïlande, les repas de fête ont lieu autour de grands plateaux circulaires à pied bas, les khantoke, confectionnés en bois de teck ou en lattes de bambou et de rotin. En guise de dossier, on pose par terre derrière chaque convive un long coussin de forme triangulaire, sorte d'appuie-tête recouvert de tissu bigarré. Apportés en même temps sur la table, les plats sont invariablement les mêmes, et relèvent des traditions culinaires du nord du pays : curry birman, chou sauté, porc à la tomate et à la pâte de piment, couenne frite, concombre frais et bananes frites. En accompagnement, on aura le choix entre du riz gluant et du riz blanc. Des gâteaux de riz croquants un terme au repas.

 

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