Laem Sing et Chanthaburi

Les plages de Thaïlande attirent un nombre croissant de touristes. Elles sont généralement très belles et relativement bien aménagées pour le tourisme de masse. Elles se concentrent dans les régions du sud où les stations balnéaires ne se comptent plus (Koh Samui, hau Hin, Cha-am, Phyuket, Khaolak, Koh Lanta, Krabi, Koh Chang, Pattaya, etc.). Mais malgré tout, il existe encore de très belles plages, facilement accessibles et relativement désertes. Évidemment l’infrastructure n’y est pas encore développée mais qui s’en plaindra.

Laem Sing, non loin  de Chanthaburi, fait partie de ces petits paradis vierges qui font encore rêver et qui témoignent de ce que fut la Thaïlande voici 30 ans. La Province actuelle de Chanthaburi, et a fortiori Laem Sing, vécurent une histoire coloniale animée et peu banale.  En effet, cette province tant convoitée fut tour à tour lors du dernier siècle sous dominance et influence cambodgienne, française et en finalement  thaïlandaise.             Le passage français n’a laissé que peu de traces mais on peut ça et là encore voir des bâtiments qu’ils construisirent sous leur protectorat, des vestiges de forts et da canons datant de l’époque napoléonienne.

Une minorité significative des citoyens de Chanthaburi sont vietnamiens et catholiques. Leur exode se passa en trois vagues : d'abord au 19ème siècle pendant la persécution anticatholique en Cochinchine, ensuite une deuxième vague dans les années 1920-1940 fuyant une Indochine française, et enfin un troisième exode après la victoire communiste au Vietnam en 1975. Cette immigration catholique fit de Chanthaburi le siège de l’évêché de Chanthaburi depuis 1944.

 Laem Sing

Pak Nam Laem Sing est un petit port de pêche blotti à l’entré de l’embouchure de la Chanthaburi River, tout au bout du Cap Laem Sing. Tout le village vit au rythme des marées. Les bateaux multicolores sont rangés côte à côte le long des quais tandis des cahutes sur pilotis, érigées pour la pèche à la crevette,  s’égrènent sur la lagune de l’estuaire. Seules quelques boutiques d’alimentation générale dans le village et des restaurants de fruits de mer le long de la plage témoignent d’une activité annexe. Le marché du samedi après-midi attire tous les habitants de la région qui s’y réunissent dans un joyeux brouhaha et dans les volutes des grillades.

La plage est bordée de pins qui offrent un refuge ombragé apprécié des amateurs de fruits de mer, installés sur les terrasses des restaurants de plage.  Elle s’étire sur plusieurs kilomètres, jusqu’à à la presqu’île de Koh Proet. La route longe la plage un bon moment et il est facile de trouver des endroits déserts propices à la baignade. L’eau y est peu profonde et les pêcheurs locaux lancent leurs filets à la main pour piéger les petits poissons.             

 Le Pont de Pak Nam Laem Sing

Depuis fin 2007, un pont enjambe la Chanthaburi River et relie les deux rives de l’embouchure. Grâce à ce pont, les deux villages de Pak Nam Lae Sing et Bang kachai sont maintenant facilement accessibles l’un à l’autre, mais surtout évite un détour de plus de 40 km pour changer de rive. Cet itinéraire alternatif important crée une nouvelle voie d’accès entre les provinces de Rayong, de Chanthaburi et de Trat, et ce en longeant la côté et les très belles plages de Laem sadet, de Chao lao et de Laem Sing. Outre les perspectives commerciales et immobilières qu’ouvrent cette nouvelle voie, le pont fournit également un accès facile aux diverses attractions touristiques et populaires de la Province de Chanthaburi. Les communautés locales en tirent un bénéfice en vendant leurs produits d’artisanat et d’alimentation aux touristes Thaïs et étrangers qui empruntent cette nouvelle route.

Plus proche de Laem Sing, le pont permet aujourd’hui un accès direct à la petite plage paradisiaque d’Ao Khrating et au « Khao Laem Sing Forest Park »,  Ce parc couvre quelques petites montagnes, de petites plages et des îles.           

Vestiges français à Laem Sing
L’armée française avait établi ses quartiers lors de l’époque napoléonienne et à la fin du 19ème siècle à Laem Sing pour contrôler et réguler le trafic maritime sur la Chanthaburi River, de Laem Sing à Chanthaburi. Les traces laissées par cette occupation dans la région ne sont pas nombreuses mais relativement bien conservées : 

Khuk Khi Kai. Cette petite prison construite dans le village de Pak Nam Laem Sing en 1893 servait à enfermer les Thaïs qui tentaient de s’opposer à la présence française dans la région. Ce bâtiment de briques rouges de 7 mètres de haut est de forme carrée ne comporte qu’une porte et des trous dans les murs pour la ventilation.  Le toit, également troué servait à l’époque de poulailler, au travers duquel les gallinacés déféquaient sur les prisonniers. Raffinement ?  

Tuk Daeng. Ce vestige de l’ancien fort, construit sous le règne du Roi Rama III sur le port de Pak Nam Laem Sing, fut transformé par l’armée française en quartiers pour les officiers qui commandaient le détachement tricolore. De plain-pied, de couleur rouge vif et recouvert de tuiles rouges également, cet élégant bâtiment ne sert plus aujourd’hui qu’à abriter quelques panneaux informatifs sur la région et un canon datant de l’époque napoléonienne.

Phairi Phinat Fort. Cet ancien fort datant de l’époque napoléonienne, sous le règne de Rama III,  domine la baie et le port de Laem Sing et était un endroit idéal pour bombarder toute embarcation voulant remonter le fleuve Chanthaburi. On peut encore y voir deux canons frappés de l’Aigle.

Les environs de Laem Sing

Oasis Sea World. Pour les amateurs du genre, il est possible de nager avec des dauphins au « Oasis Sea World », à quelques kilomètres de Laem Sing (bien indiqué). Un show a lieu plusieurs fois par jour, Vous pouvez ensuite nager avec les dauphins dans une piscine séparée après chaque exhibition et ce pendant toute une heure. Il est fortement conseillé de s’inscrire lors des  périodes de vacances scolaires.
Les dauphins présentés sont principalement ceux qui ont été accidentellement
attrapés dans les filets des pêcheurs qui sillonnent le Golfe du Siam. Soignés, ils sont pour la plupart relâcher dans les eaux du Golfe quelques temps plus tard. Certains d’entre toutefois sont utilisés pour les shows qui financent le sanctuaire.

Plages de Laem Sadet, Khung Krabaen et Cha Lao. Ces trois très belles plages se situent à quelques kilomètres l’ouest de Laem Sing. Une jolie route longe le littoral tantôt escarpé, tantôt bordé de jolies criques. Leur développement immobilier et touristique est déjà nettement plus visible qu’à Laem Sing et nul doute que d’ici quelques années les Tours Operators en feront une destination courues au même titre que Koh Chang. 

Khung Krabaen Bay Mangrove Forest Nature Trail. Comme son nom l’indique, cette mangrove, se situe aux abords de la plage de Khung Krabaen, à approximativement 25 kilomètres à l’est de Laem Sing. Une promenade de 1.600 mètres sur des passerelles  et ponts de bois traverse la mangrove. De nombreux panneaux explicatifs (pour la plupart malheureusement uniquement en thaï) décrivent le délicat biotope d’une mangrove. De temps un autre, une vue s’ouvre sur une petite anse naturelle où les dugongs (mammifères marins voisons du lamantin) viennent se reproduire. 

Namtok Phliu National Park. Le parc national s’étend sur les districts de Chanthaburi (Muang), de Khlung et de Laem Sing, sur une superficie de 135 km². Le point d’orgue du parc est la cascade Phliu, très facilement joignable puisqu’à à peine 200 mètres de l’entré du parc.  L’eau est d’une rare limpidité et il très agréable de s’y baigner. Le bassin au pied de la cascade est rempli de poissons d’eau douce inoffensifs. D’après les responsables du parc, une espèce de ces poissons est extrêmement rare et spécifique à l’endroit.

Khlung. La petite ville de Khlung, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Laem Sing est parfaitement ignorée des touristes. Faire un détour par Khlung s’est se rendre compte ce qu’est la Thaïlande profonde mais prospère. Le marché couvert est remarquablement achalandé, et les petites rues bordées de maisons en bois sont propres et agréables. Une route file vers le sud et l’embouchure de la rivière Welu.
Là, de succulents restaurants de fruits de mer ont idéalement placé leur terrasse au bord de la mangrove. 

Chanthaburi

Les fruits et le festival

La province de Chanthaburi (surnommée ”Fruit Bowl of Thailand” – le panier à fruits de Thaïlande) est réputée pour l’abondance des espèces de fruits qui y sont cultivés. Chaque année au mois de mai, moment où la récolte des fruits arrivés à maturité est la plus importante, un « festival des fruits » est organisé durant dix jours dans la ville de Chanthaburi, capitale de la province et forte de 50.000 habitants.   
Les récoltants apportent alors une fantastique variété de fruits qu’il faut absolument essayer : les ramboutans, pomelos, les durians, les raisins, les pommes-roses, les poires, les longanes, etc. Des concours sont organisés pour élire le meilleur fruit dans chaque catégorie. Pour désigner les lauréats, le jury prend en compte l’aspect, la fraîcheur et le goût. Des concours annexes ont vus le jour plus récemment tel que celui de la sculpture sur fruits, l’élection de « Miss verger » ou de décoration à base de fruits.

Le festival annuel a lieu dans le stade des sports de la ville et des cortèges de chars ployant sous les quantités de fruits savamment disposés et sculptés défilent devant une foule en liesse. Chanthaburi est également la « capitale mondiale du durian » en termes de production. Ce fruit guère apprécié des touristes à cause de son odeur nauséabonde, est véritablement vénéré par la plupart des pays d’Asie du sud-est. Comme partout en Thaïlande, ce festival est aussi le prétexte un énorme marché populaire.

La Cathédrale et le quartier vietnamien

Cette cathédrale, construite par les français vers 1711 pour les réfugiés catholiques vietnamiens, est le plus grand édifice catholique de Thaïlande. Sa situation le long de la rive gauche de la rivière Chanthaburi en fait un lieu de promenade agréable. Le style gothique, une façade blanche et grise, un intérieur somme toute assez pauvrement décoré n’en font pas un joyau du christianisme mais malgré tout cette église ne manque pas de charme avec son toit intérieur en bois et ses colonnes blanches.

Cette église historique a été détruite et reconstruite plusieurs fois entre 1711 et aujourd’hui. La dernière restauration de la façade date de fin. Apparemment elle fut érigée selon le  modèle de la cathédrale de Saigon, l’actuelle Ho Chi Minh Ville.

Les anciennes maisons de bois qui entourent l’édifice religieux sont construites dans le plus pur style vietnamiens. Elles sont intéressantes à voir et font partie intégrante de la culture de la province de Chanthaburi. D'ailleurs, le marché matinal local de ce quartier propose des mets et articles plus vietnamiens que thaïlandais.

Marché aux pierres précieuses (Gems Market)

Le marché aux pierres précieuses n’est pas un marché au sens thaïlandais du terme. Pas d’échoppes ni étals, pas de grande foule qui se bouscule. Il s’agit en fait d’un quartier de petites ruelles à l'intersection de Thanon Si Chan ("rue des pierres précieuses" ) et Thanon Thetsaban, bordées de « magasins » d’acheteurs de pierres précieuses qui ont plus ou moins pignons sur rue et parcourues de vendeurs qui se baladent dans les rues, sacoche à l’épaule et portable à l’oreille. Toutes les ethnies d’orient s’y côtoient (Indiens, Chinois, Pakistanais, Indonésiens, etc.) et il n’est pas rare de voir des acheteurs occidentaux s’y approvisionner.
Il faut dire que les pierres précieuses vendues à Chanthaburi ont un renom mondial. On y échange principalement des saphirs et des rubis et selon certains spécialistes, on estime que 80% du marché mondial de ces pierres transitent par Chanthaburi. Elles sont pour la plupart extraites dans les mines bordant le Cambodge ou en provenance du Cambodge voisin.
Le marché aux pierres précieuses se tient principalement le vendredi, samedi et dimanche matin. Il suffit de s’arrêter devant un stand de pierres pour qu’un essaim de vendeurs, plus ou mois honnêtes, vous propose des pierres plus ou moins vraies, de qualité plus ou moins bonne… Inutile de dire que ces transactions sont réservées aux spécialistes en la matière pour ne pas risquer de repartir avec des pierres de bien moindre valeur que celles prétendument vendues.  

Parc Taksin

Le parc Taksin, du nom du Roi originaire de Chanthaburi et qui transféra la capitale du Siam d’Ayutthaya à Bangkok, est un véritable havre de paix dans une ville certes provinciale, mais animée toutefois. De grandes et belles pelouses entourent un lac au milieu duquel un statue du Roi Taksin-Le-Grand trône sur une petite île. C’est un lieu très apprécié des habitants de Chanthaburi qui s’y retrouvent en famille le week-end. Situé au centre de la cité, il est facile à atteindre.
 

Les environs de Chanthaburi               

Wat Khao Sukim. le temple, situé à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la ville de Chanthaburi, quoique relativement récent  (1966) c’est un haut lieu de pèlerinage et de médiation. Ceci tient à la personnalité vénérée du moine qui le fondit. Perché au sommet d’une colline, il renferme au 3ème et 4ème étage de son imposant bâtiment un bien étrange musée.  Ce dernier expose toute sorte d’objets hétéroclites qui ont été donnés par les pèlerins en offrande. On retrouve pêle-mêle des images pieuses, des animaux empaillés, des objets de décoration, etc. Seconde curiosité, les moines en cire d’un réalisme troublant qui trônent dans l’enceinte du temple. Pour atteindre le temple depuis la vallée, le visiteur sportif ou pénitent choisira le long escalier tandis que les autres opteront pour plus volontiers pour le petit téléphérique. Les terrasses du temple offrent de magnifiques points de vue sur la vallée fertile et les vergers de la province de Chanthaburi. 

- Wat Mangkon Buppharam. Ce grand temple chinois se situe sur la Sukhumvit (route reliant Bangkok à Trat) à 12 km à l’est de Chanthaburi, juste à l’intersection avec la route qui mène à Laem Sing.  Fondé en 1977, le temple est aussi connu sous le nom de Wat Leng Hua Yi. C’est un temple construit sur le modèle architectural traditionnel chinois. Son enceinte abrite plusieurs bâtiments, tous richement orné de peintures dans les tons pastel. Les habitations des moines et le hal d’ordination sont particulièrement remarquables. 

Mais la région de Laem Sing et plus globalement toute la province de Chanthaburi regorgent  encore de bien d’autres trésors à découvrir tels que parcs nationaux et sites naturels (Khao Kitchakut National Park, Huay Taa Bo Reservoir, mangrove of Weluwetland), cascades (Soi Dao, Trok Nong, Ma Kork), temples et bâtiments religieux (Chedi Yod Khao Ploy Waen, Wat Thong Tua, Alongkorn Chedi), îles (Koh Chula), musées (National Naval Commerce Museum, Marine Aquarium of Laem Sadet, Muang Phaniat archaeological Site, ), vestiges du passé colonial (NemWong Military Camp), artisanats (poterie, meubles en bois, tissage) , productions locales (produits à base de durians, produits du Cambodge aux Thai-Cambogian Border markets), etc, etc.

Cette province mériterait d’être plus visitée et ne plus être seulement une étape sur la route du Cambodge ou de Koh Chang. 

A découvrir absolument. 

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